Sécurité humaine: le Symposium de Bergen vise à élargir les perspectives de recherche
Il s'agissait à l'origine d'une idée émise en 2010 par des experts de l'UNOSAT : mettre en lumière les interconnexions et les zones de recoupement entre trois domaines majeurs des affaires internationales, à savoir les droits humains, les changements climatiques et le développement.
Ces domaines importants de l'action et des politiques internationales font déjà l'objet d'un engagement de la part de communautés spécifiques, d'universitaires, de donateurs ou de militants, mais de façon cloisonnée. Or, sur le terrain, la réalité est plus floue: droits humains, développement et changements climatiques sont des problématiques qui ont des effets les unes sur les autres et forment un système complexe avec des zones de chevauchement. L'UNITAR cherche à explorer ces zones et invite à considérer ces problématiques selon un nouvel angle.
Le Symposium de Bergen, en Norvège, qui se tient les 16 et 17 octobre 2012, invite justement universitaires, experts internationaux et acteurs du système onusien à débattre en adoptant une approche plus holistique par rapport aux questions humanitaires. L'événement est aussi une occasion de célébrer une coopération de longue date entre la ville de Bergen et l'UNITAR, qui travaillent ensemble pour mettre en lumière le jeu d'interactions complexe qui se joue entre l'humanité et son environnement.
Le Symposium permet à de hauts représentants d'acteurs-clés au niveau national comme au niveau international de présenter leurs points de vue, alors que des sessions plénières ou parallèles sont organisées pour servir de lieu d'échanges et de discussion entre experts et professionnels des domaines concernés. Les thèmes développés par les trois orateurs principaux ont trait aux liens entre les droits humains et le développement, entre les changements climatiques et les droits humains, et entre le développement et les changements climatiques, l'interaction entre ces deux derniers processus ayant été au coeur des recherches jusqu'à présent. Ces débats s'inscrivent dans la suite des conférences de Rio sur l'environnement et le développement : rappelons que le Principe 10 de la Déclaration de Rio de 1992, confirmé lors de la Conférence de Rio+20, préconise l'établissement d'un cadre et de droits procéduraux favorisant, pour la société civile, l'accès à l'information, la participation aux décisions et l'accès à la législation en matière d'environnement.
Pour progresser en matière de développement durable, il est important, entre autres, de s'assurer que les connaissances scientifiques ou le savoir en général soient à disposition du public et qu'ils soient réellement utilisés dans les processus de prise de décisions. Initier un processus de recherche continue sur les interactions entre le développement, les droits humains et les changements climatiques fait partie des projets que les experts internationaux se sont engagés à défendre dans le cadre du Symposium, afin de générer davantage de connaissances fondamentales pour mener des actions concrètes dans le futur.
L'UNITAR a pour usage de s'appuyer sur les résultats et d'encourager le dialogue avec ses bénéficiaires; dans cet esprit, le Symposium de Bergen n'est pas une fin en soi, mais marque plutôt le démarrage d'une phase de recherche et d'efforts de mise en application, dans laquelle plus d'un Programme de l'Institut ont un rôle important à jouer, qu'il s'agisse de l'UNOSAT et ses applications géospatiales, du Programme de développement Local (LDP) et son rôle dans le renforcement des capacités, ou du Programme de gouvernance environnementale (EGP), en charge de projets nationaux mis en oeuvre dans les pays concernés.
Un projet à caractère technique est actuellement à l'étude; l'idée est qu'il se concentre sur des domaines dans lesquels l'association de solutions techniques et de connaissances en sciences sociales offre le plus fort potentiel de résultat dans la zone d'intersection entre développement, droits humains et changements climatiques.
La planification territoriale se servant de systèmes d'informations géographiques (GIS) pour la réduction des risques de catastrophe est un exemple d'objet de recherche possible dans le cadre de ce projet.
Sources des photos
Photo 1 (ville de Bergen): Office du Tourisme de Bergen
Photos 2 & 3: Nations Unies
Photo 4: UN News Centre